DIOCESE DE KARA
A l'ecoute d'une fidele apres le pelerinage
Devant la porte Sainte
Porche des fideles
Sa familiarite avec les enfants
Sortie de la messe
JUBILE D'ARGENT DU DIOCÈSE DE KARA AU TOGO - 1er JUILLET 1994 -1er JUILLET 2019. CHACUN REÇOIT LE DON DE MANIFESTER L'ESPRIT EN VUE DU BIEN DE TOUS ( 1 Co 12, 7)

Actualités : LE MARIAGE, UNE ECOLE

LE MARIAGE, UNE ECOLE

Cet article est une lecture faite du premier chapitre du livre de 
Yves BOULVAIN, Réussir sa vie affective, Paris, Béatitudes, 2009.

Tout état de vie demande une préparation et comme le dit Mgr Jacques Danka LONGA, évêque de Kara, dans le mot de fin de son interview « on ne s’improvise pas époux ou épouse on le devient ». C’est dire donc qu’on ne fini jamais d’apprendre à aimer comme on ne fini jamais d’être à l’école de la vie de sainteté. Parce que l’amour véritable est Dieu lui-même. Or nul ne connaît Dieu sinon le Fils et celui à qui Il veut le révélé. Il ya donc une possibilité si nous nous mettons à l’école de l’Amour. 
Nous ne savons pas aimer. Nous avons à la fois à en prendre conscience et à ne pas nous désoler. En en amour, nous sommes tous des bébés. Si nous nous rendons compte de cela, c’est que nous avons franchis le premier escalier de la vie matrimoniale comme le veut Dieu notre Père.
Nous fréquentons l’école pendant dix-douze ans, puis éventuellement l’université ; on nous apprend la propreté, un métier, certaines règles de conduite. Il faut des années pour nous exercer au piano ou à la pratique d’un sport par exemple. Mais où avons-nous appris à aimer ? Quelle a été notre école de l’amour ? Bien sûr, il ya eu nos parents, nos proches, mais étaient-ils de vrais pédagogues de l’amour ? Nos familles ont fait ce qu’elles ont pu, avec leur modèle à elles. Blessés comme nous, nos parents nous ont transmis des valeurs mais aussi des tares en faisant que répéter des « phrases-perroquet » qu’on leur avait dit dans leur enfance ou celles qu’ils avaient eux-mêmes entendu dire à l’école ou dans la rue.
Ainsi rares sont les parents qui ont pu être de vrais pédagogues de l’amour ; des accoucheurs, des éveilleurs de l’identité de leurs enfants, capables à la fois de les aimer et de les structurer, sans faire peser sur eux le poids de leur désir ou de leur projet propre. N’ayant pas eu d’école de l’amour, nous sommes tous finalement des autodidactes, des amateurs, des artisans, qui apprenons par essais et erreurs. 
Il faut bien dire qu’aujourd’hui, les parents qui voudraient développer cette pédagogie sont confrontés à des générations qui ne les écoutent pas  parce que influencé par leurs camarades et les médias. Ce qui fait que le mot amour est utilisé à toutes les sauces jusqu’à certaines déviations qui sapent intrinsèquement la dignité humaine.
Comment reconnaître alors l’amour véritable ?
Eu égard à ce qui est dit plus haut, nous voyons bien, que nous ne sommes pas sûrs d’avoir un véritable modèle de ce qu’est l’amour. Savons-nous que l’homme et la femme sont différents ? Et qu’ainsi les langages de l’amour sont différents et variés ?  Avons-nous compris que les manifestations de l’amour sont diverses ?  Et que si, pour certains, aimer, c’est dire des mots d’amour, des paroles valorisantes ou avoir un sentiment d’amour ; pour d’autres, aimer, c’est rendre service? Pour une femme par exemple, ce peut être de bien faire les choses domestiques pour que tout le monde se sente accueilli et reçoive ce dont il a besoin. Pour un père de famille qui a développé beaucoup le "caractère parent", aimer pourrait être veiller à l’alimentation, à la santé, à l’électricité bref ce qui revient à un papa; oubliant peut être que sa femme, en plus de cela, n’attend qu’il ait un peu de temps pour elle. Peut être pour l’écouter sans toute fois attendre de solution. 
Dans une vie de couple, est ce qu’aimer, c’est vouloir absolument que l’autre partage et satisfasse mes désirs, mes besoins, mes centres d’intérêt ou plutôt de découvrir sa richesse, l’aider par amour à être vraiment lui-même, à remplir les différents rôles qu’il aura à accomplir dans la société, l’un n’empêchant pas l’autre ? Souvent, nous ne trouvons pas gentils lorsque nous sommes accusés ou culpabilisés par un conjoint qui nous reproche de ne pas donner assez de temps, de ne pas être présents, assez disponibles…il peut y avoir du vrai et nous avons certainement à nous améliorer dans ce domaine, mais il faut se rappeler que l’amour véritable respecte la différence, laisse libre et contribue à l’identité véritable de l’autre : je t’aime, toi, et pour ce que tu es. C’est cela l’amour que Dieu a pour nous.
Les relations affectives demandent un certain équilibre psychique, moral et spirituel. Ce qui n’est pas toujours le cas ; car nous sommes tous blessés dans notre âme par le péché et notre psychè quelque peu influencé, positivement comme négativement, par l’éducation reçue des parents et l’entourage. Ainsi, chacun réagi par rapport aux clichés reçus.  
Peut-on aimer sans qu’il nous arrive d’être exigeant, insatisfait, demandant, attendant de l’autre que…et finalement harcelant, reprochant et rejetant ? Peut-on aimer sans se laisser happer ? Envahir ? Posséder ou dominer ? De bonne foi, on finit toujours par tomber dans un piège. Tout ceci arrive parce que ce que nous appelons amour est souvent  un mélange de sentiments contradictoires où cohabitent de la possessivité, des retours sur soi, des exigences, des dominations, des manipulations, des idéalisations suivies de déceptions, de regrets et d’aigreurs.
Il est souvent fascinant d’entendre ce que dit la genèse : C’est pourquoi, l’homme quittera ……et ils ne feront plus qu’une seule chaire. Cela donne à faire un peu d’extase et entraine des "rêveries" qui témoignent du bien et du beau, bref de l’idéal qui se trouve en l’homme. 
Tout ce développement signifie que dans le désir qu’une personne a de former un couple, il existe un préalable qui serait d’avoir au moins perçu ce qu’aimer signifie. Car la routine de la vie quotidienne, les soucis, la fatigue, le stress, l’arrivé éventuelle d’enfants, les séductions de tout genre, risquent fort d’entamer le vrai amour et d’alimenter l’amour possessif ou les reproches. C’est le temps qui mesure la force d’amour dans un couple.
Aimer, est-ce que ce sera comparer le conjoints ou ce que l’on vit dans le couple à un idéal de perfection ? On sera alors insatisfait, on alourdira la relation, on se découragera et on le découragera. Plus on est en attente et avec un idéal élevé, plus on risque d’être déçu et finalement de décevoir ou de contribuer à éloigner l’autre. Alors serait-il accepter les imperfections et les transformer chaque jour par la compréhension, la tendresse, la confiance, la patience, la persévérance, un désir positif et constructif plus subtil et léger qui donnera envie des deux côtés d’évoluer  quelques soient les erreurs commises ?
Toutes réflexions nous montrent qu’on ne peut pas attende d’être complètement unifiés pour nous marier, mais, en revanche, nous faciliterons la vie de notre futur conjoint (e) en acceptant de bien  voir nos failles et, si possible, en commençant au moins à y travailler avant de nous engager
 Nous sommes tous différents  
Encore une fois nous trouvons normal de suivre des cours pendant des années pour une carrière qui ne durera qu’un temps de notre vie et nous croyons que nous n’avons besoin de l’aide dans notre vie relationnelle et affective. Et si jamais l’un des conjoints prend conscience du blocage de l’entente, et propose aller voir un conseiller (prêtre), la réponse est souvent : on n’en a pas besoin ou encore : vas-y, toi, ça te fera du bien ! Or nous sommes tous des handicapés de l’amour. 
Pour réussir sa vie conjugale, il va falloir que chacun découvre qui il est vraiment et ce qu’il veut, ce qui lui convient. Il aura toujours une période d’hésitation, de recherche, dans laquelle on n’arrivera pas bien à se situer d’où la nécessité de demander conseil auprès d’un sage. Si les besoins de mon futur ou ma future sont trop différents des miens sur le plan physique, relationnel et spirituel, la vie va être difficile. Le besoin le plus fondamental est de se sentir compris, reconnu dans son être, son identité. 
La vie de couple est un apprentissage constant. Cette dynamique nécessite que l’on puisse se découvrir de plus en plus, grâce aux relations avec autrui en prenant des temps de méditations pour faire le point, effectuer un tri et en comprenant que toute relation est une opportunité d’enrichissement, d’évolution, de changement. 
Au delà de tout, il faut accepter les étapes et le temps pour trouver son conjoint. Il faut savoir différer les choses et savoir attendre. Bien souvent, dans la vie matrimoniale les conjoints n’arrivent pas à structurer leur vie affective et court-circuitent les étapes pensant enfin trouver la bien-aimée ou le prince charmant. Ils se précipitent au lieu d’apprendre, petitement et progressivement à connaître l’autre. D’où beaucoup d’erreurs et de séparations. 
On peut croire aimer quelqu’un alors qu’en réalité c’est parce qu’on projette sur lui (elle) son désir, espoir et le meilleur de soi-même. On l’idéalise, on mélange ce qu’est vraiment l’autre, ce qu’on voudrait qu’il ou elle soit, ce qu’on perçoit de son potentiel qu’il ou elle ne mettra peut-être jamais à jour au cours de sa vie. On oublie de voir de façon réaliste comment se comporte ce conjoint pour l’instant, ses failles, ses limites, tout ce qui pourra se poser comme problème au quotidien et ce qu’on est vraiment capable d’accepter. 
La vie matrimoniale, est une école et « on ne s’improvise pas époux ou épouse on le devient ». Il est indispensable de ne pas confondre les émotions affectives, souvent passagères, de la vraie relation d’amour dont Dieu est l’archétype. Ces confusions et l’ignorance de ce qu’on est, de ce qu’est l’autre et de comment fonctionne l’homme et la femme dans la vie sentimentale rend la vie de couple pénible si bien que personne ne veut s’y engager.
Quel que soit l’âge qu’on a jamais fini d’apprendre, surtout d’apprendre à aimer. 

Père Matthieu KALEMAO,
vicaire à la cathédrale de Kara.

Date de publication: 2015-11-05 Version Imprimable
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