DIOCESE DE KARA
A l'ecoute d'une fidele apres le pelerinage
Devant la porte Sainte
Porche des fideles
Sa familiarite avec les enfants
Sortie de la messe
JUBILE D'ARGENT DU DIOCÈSE DE KARA AU TOGO - 1er JUILLET 1994 -1er JUILLET 2019. CHACUN REÇOIT LE DON DE MANIFESTER L'ESPRIT EN VUE DU BIEN DE TOUS ( 1 Co 12, 7)

Actualités : LA FORCE ET LE COURAGE DE S'AIMER POUR TOUJOURS

Introduction.

« Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu il le créa; mâle et femelle il les créa. Dieu les bénit et Dieu leur dit: " Soyez féconds et prolifiques, … Il en fut ainsi…Dieu vit tout ce qu'il avait fait. Voilà, c'était très bon. Il y eut un soir, il y eut un matin: sixième jour. (Gn1, 27-31) Ainsi, le mariage à l’image de son auteur(Dieu) est beau, très beau, bon et très bon.  Il est pour la joie et le  bonheur de l’homme et de la femme.  Ce don de Dieu est attaqué par la jalousie haineuse de l’Antique serpent, le Malin qui jusqu’ à nos jours  décourage les enfants  de Dieu et  tente de les en  détourner par ses mauvaises inspirations et les erreurs qu’il repent et fait rependre  dans le monde.  Le mariage semble devenir une épreuve au lieu qu’il soi un don reçu et vécu dans la joie. Où trouver la force de résister au Malin et de s’engager résolument dans le mariage ? Où  les enfants de Dieu trouveront-ils le courage de persévérer dans le lien conjugal malgré les difficultés et la peur ? Le sacrement de  mariage continue-t- d’être  aimer, continue -t-il d’être beau, bon et noble pour les fidèles du Christ? Oui, aujourd’hui, on sent la famille menacée dans ses fondements et sa structure. Et face à ce danger, les chrétiens se demandent parfois où trouver des modèles, des repères et des valeurs permettant de bâtir une vie de famille conforme à la volonté divine ?  

1. Le Mariage dans le dessein de Dieu, une vocation et une mission

Dieu a créé l'homme à son image et à sa ressemblance : Gn 1,26-27 en l'appelant à l'existence par amour, il l'a appelé en même temps à l'amour…En créant l'humanité de l'homme et de la femme à son image et en la conservant continuellement dans l'être, Dieu inscrit en elle la vocation, et donc la capacité et la responsabilité correspondantes, à l'amour et à la communion. GS 12 L'amour est donc la vocation fondamentale et innée de tout être humain.  La Révélation chrétienne connaît deux façons spécifiques de réaliser la vocation à l'amour de la personne humaine, dans son intégrité : le mariage et la virginité. L'une comme l'autre, dans leur forme propre, sont une concrétisation de la vérité la plus profonde de l'homme, de son "être à l'image de Dieu" (cf Jean-Paul II, Familiaris Consortio, 11)

L'Ecriture Sainte s'ouvre sur la création de l'homme et de la femme à l'image et à la ressemblance de Dieu (cf. Gn 1,26-27) et s'achève sur la vision des "noces de l'Agneau" (Ap 19,7 19,9). D'un bout à l'autre l'Ecriture parle du mariage et de son "mystère", de son institution et du sens que Dieu lui a donné, de son origine et de sa fin, de ses réalisations diverses tout au long de l'histoire du salut, de ses difficultés issues du péché et de son renouvellement "dans le Seigneur" (1Co 7,39), dans l'Alliance nouvelle du Christ et de l'Eglise (cf. Ep 5,31-32) » CEC1602  

Dans le projet d’amour de Dieu, la famille constitue une pièce maîtresse. (Gn 2,18-25).  (Gn 1,26-28.   Le texte suggère une relation entre le fait d’être « homme et femme » et d’être « à l'image de Dieu ». Puisque la finalité première de l'union entre l'homme et la femme est ici d'être féconds et de remplir la terre, « Soyez féconds, multipliez, emplissez la terre et soumettez-la » ; non pas seulement cela mais aussi : « Il n'est pas bon que l'homme soit seul. Il faut que je lui fasse une aide qui lui soit assortie ». L'accent n'est pas mis d'abord sur le facteur de procréation, mais sur le facteur d'union, une union librement choisie et vécue dans la fidélité : « […] l’homme quitte son père et sa mère et s’attache à sa femme, et ils deviennent une seule chair ».
 
Les textes bibliques fondent l’institution du mariage sur l’unité, la liberté, la fécondité, la fidélité et l’indissolubilité. L’homme et la femme  sont sur un plan d'égalité, de parité absolue, c’est l’égalité de nature  et de dignité soulignée par l’exclamation de l’homme à la vue de la femme: « Pour le coup, c’est l’os de mes os et la chair de ma chair ! ». Tel est donc le projet de Dieu « à l’origine », un projet dans lequel l’homme et la femme sont créés différents mais complémentaires, dans une parfaite égalité de nature et de dignité, appelés à s’unir pour se multiplier et parachever la création divine. Le mariage jouit de la beauté et de la noblesse même de son auteur (Dieu) et de son Sauveur (Jésus Christ). Le tient de Dieu se origine et sa fin ultime.

2. Le mariage sous le régime du péché. 

Tout homme fait l'expérience du mal et des désordres, autour de lui et en lui. Les relations de l’homme et la quoique voulue par le créateur sont atteintes aussi par le péché.  « Leurs relations sont distordues par des griefs réciproques (cf. Gn 3,12); leur attrait mutuel, don propre du créateur (cf. Gn 2,22), se change en rapports de domination et de convoitise (cf. Gn 3,16); la belle vocation de l'homme et de la femme d'être féconds, de se multiplier et de soumettre la terre (cf. Gn 1,28) est grevée des peines de l'enfantement et des peines du gagne-pain (cf. Gn 3,16-19).  Pour guérir les blessures du péché, l'homme et la femme ont besoin de l'aide de la grâce que Dieu, dans sa miséricorde infinie, ne leur a jamais refusée (cf. Gn 3,21). Sans cette aide, l'homme et la femme ne peuvent parvenir à réaliser l'union de leurs vies en vue de laquelle Dieu les a créés "au commencement’’ » ( cf CEC 1617et 1618) .

La première pensée qui vient à l’esprit du croyant est de se tourner vers la Bible : où trouver l’idéal, sinon dans la Parole de Dieu, dans ces Ecritures qui sont sources de notre foi ?  L’Histoire Sainte est jalonnée d’épisodes mettant en scène couples et familles : Adam et Eve, Abraham et Sarah, Isaac et Rebecca, Jacob et ses fils. Cependant, un malaise nous saisit à la lecture de ces histoires, l’histoire des patriarches ne nous fournit guère d’exemples totalement  édifiants. Noé avec sa famille semble une exception au milieu de la corruption générale de son époque. Car Abraham lui-même, le père des croyants, se révèle un étrange mari.  Des épisodes de sa vie ont aussi de quoi surprendre ! C’est pressé par son épouse elle-même qu’Abraham se tournera vers la servante de celle-ci, Agar, pour qu’elle lui engendre un fils. Plus tard, le patriarche chassera cet enfant et la mère de celui-ci (Gn 21).

La vie familiale du patriarche Jacob n’est pas plus épanouie : il vole par ruse l’héritage de son frère Esaü, épouse deux femmes dont il a de nombreux enfants, sans compter ceux qu’il aura aussi avec leurs servantes. Il privilégie ostensiblement l’un de ses fils, Joseph, au détriment de ses autres enfants, entraînant la jalousie des frères qui projettent de l’assassiner avant de le vendre comme esclave à des marchands de passage. La vie des rois d’Israël n’est pas plus à même de nous fournir le modèle de vie familiale que nous attendrions. David collectionne les femmes et va jusqu’à faire assassiner le mari encombrant de celle qu’il convoite. Quant à l’histoire de ses descendants, elle est jalonnée d’incestes et d’assassinat. 

Avant même son mariage, Joseph songe à répudier Marie qui est enceinte. Quant à l’enfance du Christ, s’il nous est dit que l’enfant était soumis à ses parents, le seul récit un peu développé que relate le texte biblique est celui de ce que nous appellerions aujourd’hui une  escapade ! Certes, me direz-vous, ces récits appartiennent à l’Ancien Testament ; et nous savons que si Moïse a reçu les tables de la Loi divine qui condamnent l’adultère, c’est lui aussi qui a réglementé la pratique du divorce sans le condamner explicitement. Alors, nous avons, bien sûr, dans le Nouveau Testament, l’exemple édifiant de la Sainte Famille de Nazareth. Encore que rien ne soit simple non plus dans cette famille hors du commun ! Faut-il donc s’arrêter là et abandonner tout espoir de trouver dans l’Ecriture Sainte des fondements solides pour notre vie conjugale et familiale ? Certes non ! Ce serait une erreur de se priver de ce que la Parole de Dieu nous enseigne sur le couple et la famille : la Bible recèle bien d’autres richesses qu’il nous faut découvrir ou redécouvrir.

3. Le mariage sous le régime du salut et de la grâce en Jésus Christ.

« Au seuil de sa vie publique, Jésus opère son premier signe - à la demande de sa Mère - lors d'une fête de mariage (cf. Jn 2,1-11). L'Eglise accorde une grande importance à la présence de Jésus aux noces de Cana. Elle y voit la confirmation de la bonté du mariage et l'annonce que désormais le mariage sera un signe efficace de la présence du Christ » CEC 1613.  Le Christ dispose de la grâce pour les époux, ses amis (préoccupés par les soucis de Jésus leur ami) de  devenir image de son union avec l’Eglise. Et cela par le sacrement du mariage. Il purifie et sanctifie le lien conjugal entre ses filles et fils qui s’engagent devant Dieu et devant les hommes dans l’alliance matrimoniale.  «  "L'alliance matrimoniale, par laquelle un homme et une femme constituent entre eux une communauté de toute la vie, ordonnée par son caractère naturel au bien des conjoints ainsi qu'à la génération et à l'éducation des enfants, a été élevée entre baptisés par le Christ Seigneur à la dignité de sacrement" (CIC 1055p1) » CEC 1601. 

4. Mariage  comme vocation et mission.
 
« Ce n'est pas vous qui m'avez choisi, c'est moi qui vous ai choisis et institués pour que vous alliez, que vous portiez du fruit et que votre fruit demeure: si bien que tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous l'accordera. Ce que je vous commande, c'est de vous aimer les uns les autres ». (Jn15, 16-17)

Le mariage tout comme toute vocation (Is 6,1-13, Jr1, 4-6 ; Marie en Luc 1,26-38, apôtres en Mt4,18-22)  est un appel de Dieu qui comporte un message ou une mission « Va, tu diras à ce peuple » Is6,9 ;  à Jérémie ; « Partout où je t'envoie, tu y vas » (Jr 1,7)  ; A Marie « Voici que tu vas être enceinte » Lc1,31, aux apôtres «  Allez donc: de toutes les nations faites des disciples » (Mt28,19),la réaction ou objection de l’appelé « Ah! Seigneur DIEU, je ne saurais parler, je suis trop jeune »(Jr1, 6 ); « Comment cela se fera-t-il puisque je n'ai pas de relations conjugales » ? Lc 1,34 et une assurance du Seigneur A Jérémie dieu déclare :« n'aie peur de personne: je suis avec toi pour te libérer-oracle du Seigneur » (Jr 1,8) ;  A la vierge Marie l’ange assure « L'Esprit Saint viendra sur toi et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre » (Lc1,35). Parfois cette assurance ne suffit pas. L’appelé objecte encore et le Seigneur réassure avec même des signes. Pour Jérémie : « Le Seigneur, avançant la main, toucha ma bouche, et me dit: " Ainsi je mets mes paroles dans ta bouche » (Jr1, 9) ; A maire : « voici que Élisabeth, ta parente, est elle aussi enceint d'un fils dans sa vieillesse et elle en est à son sixième mois, elle qu'on appelait la stérile » (Lc1,36) et en fin acceptation et départ en mission «Marie dit alors: " Je suis la servante du Seigneur. Que tout se passe pour moi comme tu me l'as dit’’ » ! (Lc1, 38)

Ainsi nous comprenons que le mariage est un appel, qui demande une réponse de l’appelé. Réponse laquelle parfois hésite à venir, alors le Seigneur assure et même  réassure l’appelé  en lui donnant même des signes qui peut être en fin le déciderons l’appelé à donner une réponse favorable. Mais là encore l’appelé n’est peut prétendre être à  cent pour cent sûr. Dans le mariage malgré la bonne volonté des débuts on n’est pas sûr de tenir parole jusqu’au bout. Simon Pierre nous l’apprend. Malgré son zèle volontariste « même si tous tombent, eh bien! Pas moi! » (Mc14, 29)  armés d’armes dérisoires (Lc22, 38)  il n’a pas manqué de sommeiller quand son Maitre agonisait (Lc 22,45) ; ni de l’abandonner d’ailleurs comme les autres (Mc14, 50). Il n’a pas manqué de le renier (Lc 22,54-62) et c’est encore lui qui voulant marcher sur les eaux pour aller à Jésus n’a pas manqué de douter (Mt14, 31)

5. Mariage et famille aux prises avec les difficultés.

On ne peut s'expliquer l’histoire biblique, avec les graves crises que la famille y subit, crises dont les problèmes actuels au sein des familles humaines ne sont, en définitive, qu’un écho. La rupture de l’harmonie dans les relations conjugales, la convoitise, la suprématie de l'homme sur la femme, telle qu’elle s’est exercée dans la monde biblique et telle qu’elle s’exerce encore parfois aujourd’hui, font partie du péché de l'homme, mais pas du projet de Dieu. Dieu ne s’adresse à la femme parce qu’elle porterait une responsabilité plus grande, mais parce qu’elle en sera la première victime. 

« Le mariage et la famille sont devenus à notre époque un champ de bataille culturel dans les sociétés sécularisées […]. Depuis quelques décennies, les valeurs du mariage et de la famille ont subi des assauts répétés qui ont causé de graves dommages au plan humain, social et religieux. À la fragilité croissante des couples se sont ajoutés de graves problèmes d'éducation liés à la perte des modèles parentaux et à l'influence de courants de pensée qui rejettent les fondements mêmes de l'institution familiale »  Tel est le constat peu engageant que dressait le Cardinal Ouellet lors de la 6ème rencontre mondiale des familles qui a eu lieu l’année dernière à Mexico en janvier 2009
On perçoit aujourd’hui combien beaucoup  se sont éloignés de l’idéal originel, non seulement dans les transgressions concrètes des individus, mais dans la conception même du mariage.  Si l'idéal d'une communion de vie entre l'homme et la femme, fondée sur un rapport personnel et réciproque, n'est pas oublié, il passe au second plan derrière la recherche du bien être matériel (maison, moto, voiture, greniers) et financier (compte bien fourni en banque ou sous les pierres ou dans les égouts ou encore dans les fosses sceptiques) D’autres veulent ‘‘ sûr qu’ils auront des enfants’’. Cette mentalité peut entrainer le  concubinage (cf. Abraham en Gn 16) et même la polygamie (Jg 8,30-31). En cas de stérilité, le mari se voit, en quelque sorte, « contraint » de prendre une autre épouse ou une concubine pour susciter une descendance (1 S 1,1-7). Ne le percevons tout autour de nous.  

D’autres encore attendent la vieillesse  qu’ils n’auraient plus des tentations. Les tentations n’épargne personne quelque soit l’âge. Si la nous pensons que c’est seulement la jeunesse qui peut succombé à la délinquance l’histoire de Suzanne dément cette assertion (Dn 13,1-64). L'institution du lévirat va dans le même sens : quand un homme meurt sans laisser de fils, son frère ou son héritier doit, qu’il le veuille ou non (Dt 25,7-9 ; Gn 38,7-11), épouser la veuve, pour lui donner une postérité qui sera considérée comme celle du défunt (Dt 25,5-6). 

L’autre grave obscurcissement est lié à la condition de la femme : de compagne de l'homme, dotée d'une égale dignité, elle apparaît de plus en plus subordonnée à celui-ci et elle ne semble exister qu’en fonction de son mari. Même quand l’idéal féminin est vanté, comme dans le célèbre éloge de la femme par des courants féministes, il est entièrement pensé en fonction de l'homme : ‘‘ les hommes nous trichent, les hommes nous violent, les hommes font de nous leur esclaves, les hommes nous font ceci les hommes nous cela. La liste sombre est longue. 

Jésus n’a jamais dit aux époux que leur vie ne serait que du miel et d’eau fraiche. Il dit : « Je vous ai dit cela pour qu'en moi vous ayez la paix. Vous aurez des tribulations dans le monde; mais prenez courage, j'ai vaincu le monde. »!(Jn16, 33). Les époux doivent aussi prendre pour leur compte ce que le Seigneur déclare à  Simon : «  Simon, Simon, Satan vous a réclamés pour vous secouer dans un crible comme on fait pour le blé. Mais moi, j'ai prié pour toi, afin que ta foi ne disparaisse pas. Et toi, quand tu seras revenu, affermis tes frères. "  Pierre lui dit: " Seigneur, avec toi je suis prêt à aller même en prison, même à la mort. " 34 Jésus dit: " Je te le déclare, Pierre, le coq ne chantera pas aujourd'hui, que tu n'aies par trois fois nié me connaître ». (Lc22, 31-34). Simon Pierre trouvera-t-il où la force d’aller jusqu’au bout sinon dans le Seigneur vers qui il nous apprend tous à crier : « Seigneur, sauve-moi » ! (Mt 14,30) «  Leur confiance dans le Seigneur sera leur force dans les épreuves de la vie conjugale.

6. La victoire est en Christ.
« Vous avez appris qu'il a été dit...Et moi, je vous dis »: (cf  Mt5, 21-41). Une façon de s’exprimer de Jésus qui marque le renouveau, le dépassement qu’il apporte à toute l’humanité. Et enfin sur la croix, il déclare l’accomplissement qu’il a réalisé en sa personne (cfJn19, 30). Comme dans de nombreux domaines, le respect du Sabbat, l’attitude vis-à-vis des femmes, l’adoration de Dieu, le rapport avec le prochain, particulièrement les ‘‘pécheurs’’,  l’enseignement, « l’accomplissement » opéré par le Christ implique, pour ce qui est du mariage et de la famille, une continuité en même temps qu’une nouveauté. Le chapitre 19 de l'évangile de Matthieu est suffisant pour l’illustrer. 
Au début du chapitre, nous trouvons cet épisode dans lequel le Christ donne une réponse aux pharisiens sur la question de la répudiation : Des Pharisiens s’approchèrent de lui et lui dirent, pour le mettre à l’épreuve: "Est-il permis de répudier sa femme pour n’importe quel motif?" (Mt 19,3-6) À l'époque de Jésus, le divorce était fréquent puisque autorisé par la législation mosaïque ; il suffisait au mari de rédiger un acte de répudiation.  Alors que ses adversaires se demandent s’il est possible de renvoyer sa femme pour n’importe quel motif ou s’il faut un motif sérieux, Jésus renvoie « aux origines », c'est-à-dire au plan originel de Dieu pour l’humanité : Il répondit:  « N'avez-vous pas lu que le Créateur, au commencement, les fit mâle et femelle  et qu'il a dit: C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère et s'attachera à sa femme, et les deux ne feront qu'une seule chair. Ainsi ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Que l'homme donc ne sépare pas ce que Dieu a uni! (Mt 19,3-6) 

«  Ils lui disent: Pourquoi donc Moïse a-t-il prescrit de délivrer un certificat de répudiation quand on répudie ? " Il leur dit: " C'est à cause de la dureté de votre cœur que Moïse vous a permis de répudier vos femmes; mais au commencement il n'en était pas ainsi » (Mt19, 7-9)  La répudiation ici  concédée  à cause de la dureté de cœur (fruit du péché) ne peut être  reconnue par Jésus comme une loi ou une autorisation. Le texte parallèle de Marc montre que Jésus place l’homme et la femme sur un plan d'égalité absolue en cas de divorce et de remariage : « Quiconque répudie sa femme et en épouse une autre, commet un adultère à son égard ; et si une femme répudie son mari et en épouse un autre, elle commet un adultère » (Mc 10,11-12).
 
Le mariage une fois accompli ne peut donc pas être rompu ni par les époux eux-mêmes (indissolubilité intrinsèque) ni par tierce (indissolubilité extrinsèque). Le mariage est défendu et protéger  de l’intérieur comme de l’extérieur par la grâce du sacrement.  Les paroles « ce que Dieu a uni » affirment que le mariage n'est pas seulement le fruit d'une volonté humaine ; il comporte une dimension sacrée qui remonte à la volonté divine et qui en fait, comme l’a dit Jean-Paul II, le « sacrement le plus ancien »  JEAN-PAUL II, Homme et femme il les créa. Catéchèses sur l'amour humain, Rome 1985. 

7. Pour aller loin pour le meilleur.

-Avec Jésus Oser Donner les clefs de son amour à son conjoint/e.
Référons-nous à  la relation d’amour de Jésus et de Pierre. Nous y voyons bien que cette relation quoiqu’éprouvée  ne s’est point arrêtée avec les péchés. Car  Jésus va au delà du péché nous manifestant ainsi l’amour indissoluble de Dieu pour nous et que doivent refléter les époux chrétiens. « Oui, j'en ai l'assurance, nous dit St Paul : ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni le présent ni l'avenir, ni les puissances, 39 ni les forces des hauteurs ni celles des profondeurs, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus Christ, notre Seigneur » (Rm8, 88-39). Jésus   aime au-delà des attentes. Il fait confiance au-delà des échecs.  A Simon Pierre, il confie les  clefs du royaume (Mt 16,19) et lui recommande de paitre ses brebis (Jn21, 15-19). Nous savons tous ce qui est arrivé à Pierre. Mais cela n’arête pas l’amour et la confiance du Christ. Voilà ceux à quoi s’engagent les époux chrétiens par leur mariage. Jésus est l’unique garant et modèle des époux chrétiens.

- Garder la flamme de l’amour.
Dans son discours aux évêques de France réunis à Lourdes en 2008, le pape Benoit XVI a rappelé l’importance de défendre «même à contre-courant» le principe de l’indissolubilité du mariage, qui fait la force et la grandeur du sacrement.  L’Église veut rester indéfectiblement fidèle au mandat que lui a confié son Fondateur, notre Maître et Seigneur Jésus-Christ.  Elle ne cesse de répéter avec Lui: « Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas » ! (Mt 19, 6). «L’Église ne s’est pas donné cette mission: elle l’a reçue de son fondateur Jésus Christ.  Sur le problème de l’indissolubilité du mariage, l'Apôtre ne fait que réaffirmer l’enseignement du Seigneur Jésus : Quant aux personnes mariées, voici ce que je prescris, non pas moi, mais le Seigneur : que la femme ne se sépare pas de son mari — au cas où elle s'en séparerait, qu'elle ne se remarie pas ou qu'elle se réconcilie avec son mari — et que le mari ne répudie pas sa femme. (1 Co 7,10-11) 

-Avec Jésus, aller jusqu’où les autres ne veulent pas aller.
« Epouses, soyez soumises à vos maris, comme il se doit dans le Seigneur. Maris, aimez vos femmes et ne vous aigrissez pas contre elles. Enfants, obéissez en tout à vos parents, voilà ce que le Seigneur attend de vous. Parents, n'exaspérez pas vos enfants, de peur qu'ils ne se découragent. Esclaves, obéissez en tout à vos maîtres d'ici-bas. Servez-les, non parce qu'on vous surveille, comme si vous cherchiez à plaire aux hommes, mais avec la simplicité de cœur de ceux qui craignent le Seigneur » (Col3, 18-22)


-Avec Jésus faire confiance en la providence.
Marcher constamment chaque jour avec Jésus. Et construire sa vie conjugale jour après jour dans les pas du Christ.  « Je vous dis: ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous le vêtirez…. Ne vous inquiétez donc pas pour le lendemain: le lendemain s'inquiétera de lui-même. A chaque jour suffit sa peine.  Cherchez plutôt son Royaume, et cela vous sera donné par surcroît… Car, où est votre trésor, là aussi sera votre cœur.  (cfMt6, 31-34)

- Approfondir sa foi par la méditation de la parole de Dieu, Se nourrir et nourrir sa vie conjugale de la parole de Dieu est d’une importance capitale.  C’est déjà bien que de l’écouter chaque dimanche au cours de la messe. Messe que certains trouvent peut-être à tort ou à raison trop longue. Dieu nous a aussi fait don des yeux et des langues apprises pour nous instruire d’avantage de sa parole. Elle purifie notre mentalité et la modèle sur la volonté de Dieu. Il faut également participer aux recollections et retraites organisées dans nos paroisses en faveur des foyers. 
- maintenir  son foyer dans la  vie sacramentelle soignée et dans prière conjugale et familiale Ecoutons ce que fit le couple Tobit et Sara déjà au soir de leur mariage. Maitrisant leur instinct et les précipitations de la volupté charnelle,  ils se sont d’abord tournés vers le Seigneur.  « Tobie se leva du lit, et dit à Sara: "Debout, ma sœur! Il faut prier tous deux, et recourir à notre Seigneur, pour obtenir sa grâce et sa protection". Elle se leva et ils se mirent à prier pour obtenir d'être protégés, et il commença ainsi: "Tu es béni, Dieu de nos pères ... C'est toi qui a créé Adam, c'est toi qui a créé Eve sa femme, pour être son secours et son appui, et la race humaine est née de ces ceux-là. C'est toi qui a dit: 'Il ne faut pas que l'homme reste seul, faisons-lui une aide semblable à lui'. Et maintenant, ce n'est pas le plaisir que je cherche en prenant ma sœur, mais je le fais d'un cœur sincère. Daigne avoir pitié d'elle et de moi et nous mener ensemble à la vieillesse!" Et ils dirent de concert: "Amen, amen". Et ils se couchèrent pour la nuit » (Tb 8,4-9).  Imaginer un peu cet exercice dans nos foyers. Combien les couples seraient heureux !
Marie et Joseph ont ensemble présenté l’enfant Jésus au Seigneur (Lc2, 22-28). C’est de commun accord qu’ils sont allés au Temple pour  accomplir les rites religieux. Nous y trouvons un modèle et un fondement pour la prière  avec tous les membres de la famille parents, grands parents et enfants. Ainsi nous formerons et vivrons pleinement comme Eglise domestique avec Jésus pour pierre angulaire. Que de difficultés y trouveraient leur solution. Devenons des foyers de prière et nous verrons combien Dieu est bon et combien c’est beau de fonder un foyer. Autrement où trouver des forces pour vivre sa vocation ? Combien de  foyers  disposent des lieux et des heures de prières ? Mais regardons dans nos maisons païennes…des stèles à des endroits bien précis. 

La vie conjugale est revitalisée par les sacrements. « Les sacrements sont des signes efficaces de la grâce, institués par le Christ et confiées à l'Eglise, par lesquelles la vie divine nous est dispensée ».CEC1131 « Par les sacrements de l'initiation chrétienne, l'homme reçoit la vie nouvelle du Christ. Or, cette vie, nous la portons "en des vases d'argile" (2Co 4,7). Maintenant, elle est encore "cachée avec le Christ en Dieu" (Col 3,3). Nous sommes encore dans "notre demeure terrestre" (2Co 5,1) soumise à la souffrance, à la maladie et à la mort. Cette vie nouvelle d'enfant de Dieu peut être affaiblie et même perdue par le péché. » CEC1420.

Les péchés comme la fornication, la masturbation, la pornographie et l’adultère  s’attaquent la vie conjugale  « L'adultère est une injustice. Celui qui le commet manque à ses engagements. Il blesse le signe de l'Alliance qu'est le lien matrimonial, lèse le droit de l'autre conjoint et porte atteinte à l'institution du mariage, en violant le contrat qui le fonde. Il compromet le bien de la génération humaine et des enfants qui ont besoin de l'union stable des parents » CEC 2381  L’adultère ou la mentalité ou encore les tendances  adultère peuvent provoquer la corrosion de l’amour conjugal. La guérison se trouve dans le  Christ par les sacrements que l’Eglise son Epouse dispose pour nous.  Dans le sacrement de la pénitence nous trouvons la grâce de la guérison et la force d’entamer une nouvelle vie. Notre espérance chrétienne nous oppresse à croire que le meilleur reste à venir.

-Apprendre à s’assoir et écouter l’autre. Une écoute amoureuse est toujours bienfaisante. Savoir dompter sa langue écouter l’autre est un bon remède pour certaines blessures.  Des explications sont données et  les différences s’harmonisent pour des actions communes. Elle commence peu à peu et grandit avec la persévérance des époux. L’exercice de manger ensemble est une occasion pour commencer… Il est malsain d’attendre des problèmes pour s’assoir. Il y a tant des situations difficiles qui trouveraient leurs résolutions si les époux prenaient l’habitude de s’assoir et se parler. Ne pas oublier les je t’aime…, de sortir à deux… de se faire des cadeaux… admirer...remercier…
-Des parasites à dompter. Les medias et le presses, la  télévision, les films de guerre et des feuilletons à ne plus en finir… le téléphone surtout potable. Il constituer cancéreux pour les époux surtout pour  qui ne sont pas encore arrivés à dompter leur jalousie puisque St Paul nous dit que : «L'amour prend patience, l'amour rend service, il ne jalouse pas, il ne plastronne pas, il ne s'enfle pas d'orgueil, il ne fait rien de laid, il ne cherche pas son intérêt, il ne s'irrite pas, il n'entretient pas de rancune,  il ne se réjouit pas de l'injustice, mais il trouve sa joie dans la vérité. Il excuse tout, il croit tout, il espère tout, il endure tout. L'amour ne disparaît jamais» (IC13, 4-8). Il faut aussi maitriser la gestion  de l’ordinateur, de l’Internet, la presse, veiller sur l’ordre dans la maison…
-L’union sexuelle apaisée.  « La sexualité est ordonnée à l'amour conjugal de l'homme et de la femme. Dans le mariage l'intimité corporelle des époux devient un signe et un gage de communion spirituelle. Entre les baptisés, les liens du mariage sont sanctifiés par le sacrement » CEC2360 Dans cette union sexuelle les époux cessent de s’appartenir à soi-même pour se donner totalement l’un à l’autre pour affermir la communion et partager la joie de vivre ensemble et de s’aimer. Cet acte très significatif  pour les époux  ne saurait être posé de façon  dans la précipitation ou la violence.
  
-Consister une force pour la partie faible ou fautive par amour pour le Christ. Le Christ est le partenaire du couple. Il en est la pierre angulaire, le ciment de l’amour conjugal. Il est aux côtés des époux comme à Cana. Seulement les époux parfois restent loin de lui et se renferme dans la dureté de cœur et l’entêtement dans les accusations et les jugements, chacun tenant mordicus à ses principes  au lieu des principes du Christ. Ils ne cessent donc de blesser leur amour qui au fil du temps devient cancérigène et fini par sombrer dans l’isolement (l’un vivant non pas pour l’autre mais à coté de l’autre et même l’un contre l’autre. Peu à peu s’installent alors la méfiance et la défiance avec des  conséquences désastreuses. 
-Le courage de demander conseil pour oser mieux aimer (ne pas avoir honte ni peur de demander conseils et l’aides ainés, aux témoins. Intégrer les groupes  ou associations a spiritualité familiale (END, FC).  Le couple a aussi la possibilité de se  choisir un père spirituel pour un meilleur cheminement.  
Conclusion.
La vie est belle l’amour est beau.  Le mariage renferme et la beauté de la vie et celle de l’amour. Les chrétiens, malgré leurs faiblesses et les infidélités qui les touchent comme les autres, soutiennent l’amour conjugal et le modèle familial qui se révèlent et se révéleront  comme  des principaux facteurs d'évangélisation. Fidélité, indissolubilité, paternité et maternité responsables caractérisent le mariage chrétien. Où trouver la force et le courage de s’aimer  toujours ?  « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as des paroles de vie éternelle. Et nous, nous avons cru et nous avons connu que tu es le Saint de Dieu » (Jn6, 68-69).Que les fils et filles de l’Eglise trouvent dans le Christ leur raison de vivre et d’aimer et d’aimer toujours.  Je souhaite vivement que ce petit balbutiement séduise à vous donner au  Christ par  vos amoureux et vos amoureuses. Puisse la Sainte famille de Nazareth soutenir votre amour et le protéger contre les tempêtes et aider les  fiancés, les époux et les familles  à parvenir  à mieux s’aimer dans cette vie en vue du royaume des cieux.  

                                                                                                                        

R.P. Marc LAKASSI
 

Date de publication: 2016-03-01 Version Imprimable
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